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M. Joseph ROUAMBA, Président de la DCR du Centre sud

M. Joseph ROUAMBA, Président de la DCR du Centre sud
Président de la DCR du Centre sud

De vendeur d’allumettes à PDG d’une entreprise

Joseph ROUAMBA, appelé JO. Lorsque ce nom est prononcé dans la Région du Centre-Sud et plus précisément à Manga, les populations pensent automatiquement à l’homme aux multiples casquettes. Cet homme, qui est aujourd’hui le président de la Délégation Consulaire Régionale du Centre-Sud (DCR/CS) et le Président Directeur Général (PDG) des Établissements ROUAMBA Joseph et Frères (ERJF), a marqué et continue de marquer les esprits des habitants de la cité de l’épervier par son leadership, sa dignité, son humilité, sa foi et son engagement au service des autres.

Né le 04 août 1969, Monsieur ROUAMBA est originaire de Manga. Engagé dans le commerce dès l’âge de sept ans, il est aujourd’hui un opérateur économique plein, en ce sens qu’il a investi dans presque tous les domaines économiques de sa région. Pour mieux savoir qui est cet homme, son engagement dans le commerce et son arrivée à la DCR/CS, nous vous proposons cette interview réalisée avec lui dans ses bureaux à Manga, le vendredi 08 février 2019. Volontier, il a répondu aux questions de nos envoyés spéciaux dans le chef-lieu de la région du Centre Sud.

Aujourd’hui vous êtes connu dans le monde des affaires particulièrement dans votre région, le Centre-sud, grâce à votre entreprise ERJF ; qu’est-ce qui vous a conduit dans l’entreprenariat ?

RJ : Je voudrais avant tout propos, vous remercier pour avoir effectué le déplacement sur Manga pour échanger avec moi sur mes activités commerciales. Pour répondre à votre question, je dirai que je suis né dans le commerce parce que mon père était commerçant, ma mère aussi. Et dès l’âge de sept ans, je faisais déjà le commerce ambulant avec de petites marchandises comme des allumettes, des aiguilles, du pétrole, etc. C’est ce commerce d’ailleurs qui a été un frein à ma scolarisation. J’ai effectué ce commerce ambulant jusqu’à dresser une table en 1988, où j’exposais mes marchandises. J’ai commencé avec une somme de 26 000 francs CFA. J’ai ainsi évolué jusqu’en 1993 date à laquelle j’ai ouvert ma première boutique et c’est de cette façon que j’ai évolué pour arriver là où je suis aujourd’hui.

De commerçant ambulant vous avez évolué jusqu’à ouvrir une boutique et grâce à cette boutique vous êtes devenu opérateur économique. Aujourd’hui quels sont les domaines dans lesquels vous exercez ?

RJ : Je suis dans plusieurs domaines. Je fourni des matériaux de construction et des agrégats, je gère des alimentations, je produis de l’eau minérale, j’assure le transport de marchandises, je suis également dans le domaine des fournitures scolaires et de bureau.

Qu’est-ce qui a motivé votre choix d’investir dans ces domaines ?

RJ : Vous savez, le Burkina Faso est en construction alors que la majorité des jeunes est au chômage. Pour moi cette diversité d’activités contribue sans doute à la construction du pays et à la résorption du chômage des jeunes. Évidemment j’y trouve mon compte aussi.

Justement l’un des objectifs de l’entreprenariat est la création d’emplois surtout pour la jeunesse ; et pour qu’une entreprise comme la vôtre fonctionne, il faut une main d’œuvre abondante et qualifiée. Alors, combien d’emplois avez-vous créés ?

RJ : Aujourd’hui, ERJF compte plus de 80 employés. Ces employés ont des profils divers. Il y en a qui ont le BEPC, le BAC et la licence. Certains ne sont même pas allés à l’école. Et ce sont ces derniers qui sont au cœur même du travail. Vous conviendrez avec moi que pour transporter des marchandises ou conduire des taxis motos on n’a pas forcément besoin d’aller loin à l’école. Vous voyez, moi je n’ai même pas le CEP mais j’ai créé l’entreprise. C’est toute une équipe qui travaille en symbiose pour faire progresser l’entreprise. 

Après tant d’années, comment se portent vos affaires aujourd’hui ?

RJ : Bon, vous-même vous le voyez. Je remercie Dieu. Je me suis engagé et ce que j’ai aujourd’hui ici à Manga et Ouagadougou, ce n’est pas mal. Je rends grâce à Dieu.

Comme vous l’avez indiqué tantôt, vous avez débuté modestement votre activité pour, aujourd’hui, être un opérateur économique qui compte dans la Région. Quel est le secret de ce succès ?

RJ : Le secret, c’est le travail, la volonté et le courage. Dans toute initiative d’entreprise, il faut aimer ce qu’on fait ; il faut créer et il faut avoir de la vision.

Vous êtes propriétaire d’une grande entreprise qui a pour nom ERJF, alors parlez-nous de cette entreprise ; pourquoi avoir choisi ce nom pour votre entreprise ?

RJ : ERJF qui veut dire Établissement Rouamba Joseph et Frères est une entreprise individuelle ; je travaille beaucoup avec ma famille. Voilà ce qui justifie le nom de l’entreprise. Et c’est l’occasion pour moi de remercier tous les membres de ma famille qui œuvrent pour l’épanouissement de ERJF.

L’entreprise est basée à Manga ; pourquoi le choix de cette localité ?

RJ : Manga c’est ma ville natale. Je suis né ici ; et c’est ici que j’ai grandi. J’ai commencé mon commerce ici, bref, c’est à Manga que je me suis vraiment réalisé. Mais à partir de 2013, nous avons exploré d’autres horizons et c’est ainsi que nous avons ouvert un centre de commerce à Ouagadougou. Nous envisageons également nous installer dans d’autres localités du pays.

L’entreprenariat, c’est aussi la création de richesses pour le pays. Si vous devez estimer la contribution de votre entreprise à l’économie nationale, à combien pourrait-elle être évaluée ?

RJ : Bon, je ne peux pas donner de chiffres exacts. Tout ce que je sais, c’est que j’ai créé des emplois. Plus de 80 personnes qui arrivent à nourrir leurs familles grâce à ERJF, cela aussi est une contribution au développement de l’économie du Burkina Faso, n’est-ce pas ? J’envoie des marchandises de la Chine, de la Tunisie, etc. pour que les gens en profitent ici, c’est aussi une contribution à l’économie nationale. Donc pour évaluer ma contribution à l’économie du pays cela serait compliqué, mais je pense qu’avec tout ce que nous mettons à la disposition des Burkinabè, nous contribuons à notre manière au développement économique du Burkina Faso.

A combien peut-on estimer votre contribution aux impôts ?

RJ : Je paye plusieurs types d’impôts, que ce soit à Manga ici ou à Ouagadougou ; et cela s’élève à plusieurs millions. C’est tout ce que je peux vous dire à propos des impôts. Mais le montant des impôts payés est fonction de ce que je fais comme activités commerciale.

Quels sont les facteurs nationaux et internationaux qui vous permettent de faire prospérer vos affaires ?

RJ : Les principaux facteurs, ce sont la paix, la sécurité, le financement et la formation du personnel.

Rencontrez-vous des difficultés qui entravent l’épanouissement de vos affaires ?

RJ : La difficulté majeure, c’est la gestion de façon générale. La gestion des biens et du personnel nous pose parfois des difficultés ; mais grâce à Dieu on arrive à s’en sortir.

Vous êtes un modèle de réussite dans l’entreprenariat ; quels conseils donnez-vous aux jeunes porteurs de projets qui souhaitent emboiter vos pas ?

RJ : Tout ce que je peux leur donner comme conseil, c’est de leur dire de travailler. Le secret du succès n’est rien d’autre que le travail. Il faut que les jeunes acceptent travailler. Il faut qu’ils osent, qu’ils créent. Moi j’ai commencé le commerce ambulant avec moins de 500 francs ; ensuite, j’ai commencé en tant que tablier avec 26 000 francs. Mais les jeunes d’aujourd’hui pensent qu’il faut qu’on leur donne des millions avant qu’ils ne commencent leur commerce. Non, ce n’est pas comme cela que le commerce fonctionne. Quel que soit la somme que tu as, il faut oser créer quelque chose et s’y engager sérieusement et vous allez voir que cela va marcher. Il faut surtout être sérieux parce que pour être commerçant on ne doit pas passer son temps dans les maquis et faire des dépenses inutiles.

Que faites-vous pour assurer la relève de votre entreprise ?

RJ : J’ai sept enfants dont trois qui sont déjà au supérieur. Et leurs études sont orientées vers le commerce. J’ai des frères et sœurs qui travaillent sérieusement avec moi. Mon épouse également travaille au sein de l’entreprise. Alors, tous ces aspects pour moi, constituent une bonne relève.

Quelles sont les perspectives pour votre entreprise ?

RJ : Les perspectives sont nombreuses. J’ai en projet d’avoir le monopole d’un produit. Je veux être le représentant d’un produit connu au Burkina Faso à travers mon entreprise. C’est-à-dire être le distributeur agréé d’un produit qui viendra peut-être de la Chine. Mais le produit n’est pas encore identifié ; tout est en réflexion. J’ai aussi en projet la création d’une entreprise de Bâtiment et travaux publics.

Monsieur le président, il fut un moment où vous étiez porté à la tête de l’Association des commerçants de votre province. Parlez-nous un peu de cette association.

RJ : Effectivement j’étais le président de l’Association des commerçants en 2006. Avant cette date, il y avait un bureau des commerçants mais qui ne fonctionnait pas. J’ai alors pensé qu’il était intéressant que nous redynamisions cette organisation. C’est dans ce cadre que j’ai convoqué une réunion des commerçants pour leur dire que nous devrions nous réorganiser pour pouvoir défendre nos intérêts. Ils étaient d’accord et nous avons ainsi mis un bureau en place dont j’étais le président. Le mandat du bureau était de quatre ans renouvelable et moi j’ai fait deux mandats c’est-à-dire de 2006 à 2014.

Parlons maintenant de votre engagement au sein de la Chambre de Commerce et d’Industrie. De président de l’association des commerçants de Manga vous êtes aujourd’hui président de la Délégation Consulaire Régionale du Centre-sud. Qu’est-ce qui vous a motivé à intégrer cette institution ?

RJ : Avant de répondre à cette question, permettez-moi de saluer la mémoire du grand frère Léonard BOUDA qui fut le premier président de la Section territoriale du Centre Sud de la CCI-BF. Pour revenir à votre question, il faut dire que les choses ont commencé depuis 2013. À cette période-là, j’étais le Président de l’Association des Commerçants de Manga. Nous ne connaissions pas encore la Chambre de Commerce et d’Industrie. Nous avons été informés un jour qu’il y a une Chambre de commerce qui sera installé à Manga et qu’il faudrait trouver un président. Nous avons alors convoqué une réunion de tous les commerçants et nous leur avons donné l’information. Ce jour-là, dans la salle de réunion tous les participants ont tourné le regard vers Léonard et moi. Ils nous ont clairement dit que c’est un d’entre nous qui sera le président. Et que c’est à nous deux de nous entendre pour désigner le candidat. Ainsi, Léonard et moi, nous sommes sortis de la salle pour nous entretenir. Une fois au dehors, je lui ai dit : « grand frère vous êtes plus expérimenté que nous ; donc je vous laisse la présidence pour que vous prépariez le terrain pour nous ». Il m’a répondu : « petit frère il n’y a pas de problème ». Lorsque nous sommes repartis apporter la nouvelle à l’assistance, les participants ont tous acclamés. Jusqu’aux élections, il n’y a pas eu une seule personne qui s’est opposée à sa candidature. C’est ainsi qu’il fut élu président de la Section territoriale du Centre Sud de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso. Malheureusement, il n’a pas pu travailler pendant longtemps parce qu’en 2014 la CCI-BF a été dissoute suite à l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre. En 2016, les élections devraient reprendre et nous sommes une fois de plus allés voir monsieur BOUDA pour la présidence. Et ce jour il m’a dit : « petit frère je suis fatigué, si tu peux t’engager il faut aller. Tu as toutes mes bénédictions ». Nous avons à nouveau tenu une réunion dans la salle ; c’était la même chose. Tous les participants scandaient « monsieur ROUAMBA, c’est ton tour ». Et ce fut ainsi jusqu’aux élections. Tout était consensuel et il n’y a eu aucune opposition. En plus, nous avons eu la chance que chaque province de la région a au moins un élu consulaire. Donc, ici au Centre sud nous n’avons eu aucun problème pour la mise en place du bureau consulaire régional.

Nul doute qu’être président d’une délégation consulaire régionale représente de lourdes responsabilités ; Comment arrivez-vous à concilier votre mission à la DCR/CS et vos propres affaires ?

RJ : Ce n’est pas facile mais on arrive à gérer. Étant donné que c’est un travail de groupe, chacun joue pleinement son rôle. Même si je suis absent, les autres élus font le travail comme il se doit. En plus, nous avons l’équipe technique qui fait d’ailleurs le plus gros travail. Nous travaillons ensemble ; nous nous entendons très bien et nous parvenons à tout gérer. Maintenant dans mon commerce, comme c’est une entreprise et que je travaille avec des frères qui sont engagés, je ne rencontre pas beaucoup de difficultés. Si non avec les différentes réunions, les voyages ce n’est pas aisé. Mais comme c’est un travail de groupe tout se passe bien.

En tant que président de la DCR/CS, quelles sont vos ambitions pour la région ?

RJ : Ah ! Nous avons beaucoup de projets pour la région. Tout d’abord, notre plus grande préoccupation, c’est d’aider les commerçants à grandir. Nous voulons faire de nos commerçants des hommes d’affaires qui seront connus sur le plan international. Pour ce faire, nous envisageons intensifier leur formation, faire en sorte qu’ils aient accès aux financements et leur permettre d’effectuer des voyages en vue de s’inspirer des expériences des autres pays. Ensuite, nous sommes dans un processus de construction de boutiques de rue et de mise en place de prêts d’honneur dans le but d’accompagner surtout les petits commerçants et les femmes. Nous sommes engagés également dans la sensibilisation pour que les commerçants comprennent le bien fondé du civisme fiscal. Voilà, entre autres, les principaux défis que nous comptons relevés. Certains projets sont déjà élaborés et d’autres sont en cours d’exécution. 

Monsieur le président, sous votre mandat, la DCR du centre sud a été dotée d’un nouveau siège. Quel est votre sentiment ?

RJ : Franchement, c’est une joie très immense qui nous anime. Nous ne pouvons même pas parler. Vous avez fait un tour là-bas et vous avez pu constater la beauté de l’infrastructure et le cadre agréable dans lequel les agents travaillent. Vraiment, nous en sommes très fiers.  Et je peux le dire, nous le comptons fièrement dans notre actif et cela, pour le compte de l’ensemble des élus de la Région.

Quel bilan à mi-parcours faites-vous de vos actions depuis que vous êtes à la tête de la DCR/CS ?

RJ : Concernant notre bilan à la tête de la DCR/CS, nous pouvons tout d’abord souligner la construction du siège. C’est un gros investissement qui a nécessité l’engagement de tous. Ensuite, il faut noter les différentes formations initiées au profit des acteurs commerciaux de la région. Il faut également souligner l’esprit de solidarité et de bonne entente entre les commerçants et entre eux et les élus consulaires, que nous avons travaillé à instaurer. En termes de chiffres, on peut dire que :

  • plus de 1000 hommes d’affaires ont été sensibilisés sur la fiscalité, le financement des entreprises et les services offerts par les structures d’appui aux entreprises ;
  • 20 chefs d’entreprises formés en marchés publics ;
  • plus de 50 rencontres d’échanges organisées autour du conseil juridique et des structures de financement et l’administration douanière ;
  • 76 nouvelles entreprises créées.

En somme, beaucoup d’actions sont menées et au regard des résultats et des échos qui nous parviennent, nous pouvons dire que nous sommes sur la bonne voie. Mais ce n’est pas pour autant que nous baisserons les bras. Nous allons redoubler d’efforts pour ne pas décevoir ceux-là qui ont placé leur confiance en nous.

Avez-vous un dernier message à l’endroit des hommes d’affaires de la région du Centre sud ?

RJ : Comme dernier message, je lance un appel à tous les opérateurs économiques de la région ; je les invite à consolider leur relation et à cultiver davantage la solidarité entre eux pour le développement de la région car seule l’union fait la force. Notre région n’est pas très développée par rapport à certaines régions du pays ; nous comptons donc sur les opérateurs économiques de la région pour atteindre un certain niveau de développement. J’en appelle donc à la mobilisation de tous, petits comme grands commerçants afin que chacun apporte sa contribution pour le développement économique de notre région.

Entretien réalisé par

Michel Borrus OUATTARA & Valentin MANO